Dans le fond
Transport

Dans le fond, pourquoi la STM coupe encore — sans (officiellement) couper le service?

La STM protège son offre kilométrique en 2026. Mais elle supprime 300 postes, réduit ses dépenses récurrentes de 56,5 M$, et fait face à un gouffre de financement pour l'entretien du métro. Le vrai enjeu n'est pas le service d'aujourd'hui — c'est la fiabilité de demain.

Sources primairesEn évolution16 juin 20268 minMis à jour le 16 juin
Dans le fond

Le budget 2026 de la STM maintient le service kilométrique, mais au prix de 56,5 M$ de compressions et de 300 postes supprimés. Le nœud du problème est ailleurs : sur les 15,2 G$ nécessaires pour entretenir le réseau d'ici dix ans, seuls 2,8 G$ sont confirmés par les gouvernements. Québec demande des économies; la STM réclame un financement stable et prévisible; et le métro, qui a 60 ans cette année, vieillit. Pour l'usager, la facture finit par se payer en pannes et en fermetures.

Ce qui s’est passé

En janvier 2026, la STM a déposé un budget de 1,8 G$ prévoyant 56,5 M$ de nouvelles réductions de dépenses récurrentes, tout en affirmant maintenir une offre kilométrique équivalente à 2025. Pour y arriver, elle confirme la suppression d'environ 300 postes au cours des prochains mois. Son Programme des immobilisations 2026-2035 chiffre les besoins à 24,1 G$, dont 15,2 G$ pour le seul maintien des actifs — alors que seulement 2,8 G$ ont été confirmés par les différents paliers de gouvernement. La STM demande une entente rapide entre Québec et Ottawa pour débloquer des sommes via le Fonds pour bâtir des collectivités fortes.

Pourquoi ça compte

Le métro de Montréal, c'est de l'ordre de 800 000 déplacements par jour, et il célèbre ses 60 ans en 2026. Les rames MR-73 arrivent en fin de vie utile autour de 2036, et des fermetures de stations ont déjà eu lieu sur les lignes verte et bleue. Sous-financer l'entretien ne se traduit pas forcément par moins d'autobus demain matin — mais par un réseau plus vieux, moins fiable, et plus sujet aux interruptions. C'est une dette technique qui se paie en différé, par l'usager.

Ce qu’on sait

Ce qu’on ne sait pas

  • Non confirmé

    Si et quand une entente Québec–Ottawa débloquera les sommes du Fonds pour bâtir des collectivités fortes.

  • Non confirmé

    Quelles stations précises pourraient faire l'objet de fermetures d'urgence (la question a été soulevée publiquement, sans liste).

  • Si l'offre de service pourra être maintenue au-delà de 2026-2027 si le financement de l'entretien demeure stable.

  • La composition actuelle du C.A. de la STM sous la nouvelle administration municipale (après l'élection de novembre 2025).

Qui dit quoi

Comparaison : ce que disent les acteurs et ce que montrent les documents.
ActeurCe qu’ils disentCe que montrent les documentsCertitude
STMSociété de transport de MontréalLe financement de l'entretien est insuffisant.Le PI chiffre 15,2 G$ de besoins sur dix ans; 2,8 G$ confirmés.
Gouvernement du QuébecLes sociétés de transport doivent optimiser leurs dépenses.Aucune entente de financement stable confirmée; l'essentiel des sommes d'entretien provincial est repoussé à 2030-2035.
Trajectoire QuébecAssociation de défense des usagersLe réseau routier accapare l'essentiel du budget transport.Environ 70 % du budget des transports irait aux routes, selon l'organisme.

Les sources

À surveiller

  • Une éventuelle entente Québec–Ottawa sur le Fonds pour bâtir des collectivités fortes
  • Le prochain budget du Québec et la place qu'il accorde au maintien des actifs
  • Les élections générales québécoises et le transport collectif dans la campagne5 octobre 2026 · 5 octobre 2026
  • La publication de données de fiabilité ou de fermetures de stations par ligne